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Terres Australes - Vaccination contre l’influenza aviaire des albatros à bec jaune de l’île Amsterdam

Face à la progression de la grippe aviaire chez les oiseaux marins et au risque d’atteinte des colonies subantarctiques, ce projet a été mis en place pour évaluer la capacité d'un vaccin contre la grippe aviaire à induire une réponse chez des albatros à bec jaune de l’île Amsterdam.
L'objectif est d'étudier la réponse en anticorps à la vaccination contre l'Influenza Aviaire Hautement Pathogène sur le terrain en population naturelle d’albatros à bec jaune afin de pouvoir explorer si une persistance de taux d’anticorps d’une année à l’autre peut être mise en évidence, ainsi qu’un transfert et une persistance d’anticorps chez le poussin. 

Présentation du Projet

Localisation :  Terres Australes 🇫🇷

Porteur du Projet : Dr. Thierry Boulinier   (opens in a new tab)

Statut :  En cours

Durée : 3 ans - Octobre 2024 à Octobre 2027

Partenaires : 

Contexte

Une épizootie mondiale sans précédent 

 

Depuis quelques années, les virus Influenza réémergent et menacent la santé globale. L’Influenza Aviaire Hautement Pathogène (IAHP) touche massivement les oiseaux marins en Europe, une situation inédite. Déjà fragilisées par le changement global, ces espèces sont particulièrement vulnérables en raison de leur reproduction en colonies denses, favorisant la propagation rapide de cette maladie infectieuse. L’IAHP est une maladie infectieuse bien connue, hautement transmissible, affectant les volailles domestiques et les oiseaux sauvages, et dont les virus responsables sont connus pour évoluer rapidement. 

 

Une propagation jusqu’aux zones les plus isolées 

 

Depuis 2022, l’IAHP s’est diffusée à l’échelle mondiale sur l’avifaune sauvage, de l’Atlantique Nord au Pacifique jusqu’à l’Amérique du Sud, atteignant fin 2023 des zones subantarctiques comme la Géorgie du Sud et les îles Malouines. Préservées jusqu’ici, les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) ont été touchées à leur tour en 2024 (Clessin et al. 2025(opens in a new tab) (opens in a new tab)), notamment via des espèces « sentinelles » comme les oiseaux charognards. Cette progression confirme que même les écosystèmes les plus isolés ne sont plus à l’abri, avec un risque élevé de propagation rapide dans ces milieux à forte densité animale. 

 

Focus sur les Terres Australes: un laboratoire unique au monde

  

Situées dans l’océan Austral, entre Madagascar et l’Antarctique, les TAAF abritent des millions d’oiseaux marins et de Mammifères dans un environnement aussi spectaculaire que fragile. Sur l’île de la Possession (archipel de Crozet), accessible après plusieurs jours de voyage depuis l'île de la Réunion, les scientifiques évoluent dans des conditions difficiles pour étudier et protéger ces écosystèmes. 


Face à l’émergence de l’IAHP en 2023, des programmes de recherche innovants sont menés. Ces territoires, strictement protégés et à présence humaine limitée, sont aujourd’hui des terrains d’étude stratégiques pour anticiper et lutter contre cette épizootie mondiale.

Enjeux du Projet

 

Les oiseaux marins sont déjà fragilisés par le changement global, et leur reproduction en colonies denses les expose fortement aux maladies infectieuses. Si l’IAHP atteignait les Terres Australes et Antarctiques Françaises, elle pourrait toucher des espèces menacées, en particulier l’albatros d’Amsterdam, dont la population est extrêmement réduite.

Problématique scientifique

 

Comment protéger les albatros à bec jaune face à l’émergence rapide de l’IAHP, tout en étudiant la durée de la réponse vaccinale chez l’adulte, le transfert d’anticorps aux poussins et la protection qu’ils leur apportent après l’éclosion, période où ces derniers sont les plus vulnérables ?

Objectifs du Projet

Ce que le projet cherche à démontrer 
 

©Jérémy Tornos - CNRS-CEFE

Jeremy Tornos- IPEV-CEFE-CNRS-UM-TAAF-RN-Ceva Biovac (18).JPG
  • Déterminer la dynamique de la réponse en anticorps anti-H5 chez les albatros à bec jaune adultes (Thalassarche carteri) après vaccination.
  • Évaluer la persistance des anticorps d’une année sur l’autre chez ces adultes.
  • Mesurer le transfert d’anticorps maternels aux poussins et leur persistance après l’éclosion.
  • Fournir des connaissances utiles pour protéger d’autres espèces sauvages menacées, dont l’albatros d’Amsterdam.

Solution proposée

Un vaccin de dernière génération  

 

Le projet repose sur un vaccin développé par Ceva Santé Animale, conçu à l'origine pour les espèces domestiques et d'élevage, et dont l'efficacité est ici évaluée sur des espèces sauvages. 

Ce vaccin présente plusieurs avantages déterminants dans un contexte zoologique :  

  • TECHNOLOGIE : faible barrière d’espèce et innocuité,  
  • ADAPTATION : souches circulantes actuelles,
  • IMPACT ENVIRONNEMENTAL : sans expression dans l'environnement,
  • PRATICITÉ : volume d'injection réduit, 
  • DIAGNOSTIC : différenciation entre oiseaux vaccinés et infectés (DIVA).

Mise en œuvre du Projet

Les étapes clés

10/2024

Signature du Projet

11/2025

Première vaccination des adultes

11/2026

Nouveaux prélèvements sanguins sur les adultes, puis sur leurs poussins.

2027

Retour des échantillons au CEFE en mars et en décembre chaque année

Résultats

Les résultats du projet ne sont pas encore publiés mais le seront dès que possible. 

Implication de Ceva WRF

Notre rôle dans ce projet  
 

  • Soutien logistique : fourniture et envoi des vaccins et du matériel de vaccination, 
  • Expertise scientifique : accompagnement dans l’élaboration des protocoles de vaccination et de suivi des oiseaux.

Lexique

Differentiating Infected from Vaccinated Animals : stratégie utilisée en santé animale qui permet de distinguer les animaux infectés de ceux simplement vaccinés, grâce à des vaccins et des tests diagnostiques spécifiques. (Source : WOAH/OIE) 

Se dit d’un vaccin (souvent inactivé ou non réplicatif) dont les composants sont incapables de se multiplier, de se diffuser ou d’être excrétés par l’animal vacciné dans l’environnement. (Source : Agence Européenne des Médicaments)

Une espèce sentinelle est une espèce permettant de détecter précocement la présence d’un risque sanitaire ou environnemental. (Source : OMS)


 

Epidémiologie qui recherche les déterminants des maladies au niveau « micro » (moléculaire), individuel, et « macro » (socio-environnemental). Identifier à chacun de ces niveaux les processus causals et examiner comment un processus à un niveau (moléculaire ou social) pourrait se manifester à un autre niveau (maladie chez un individu) (Source : INSERM, P. Bizouarn)


 

Une épizootie est une maladie qui se propage rapidement au sein d’une population animale, de manière comparable à une épidémie chez l’être humain. (Source : OMS)