pélicans qui volent au-dessus d'un étang
pélicans qui volent au-dessus d'un étang

Singapour - Étudier la vaccination préventive contre la grippe aviaire chez les oiseaux sauvages

Bien que Singapour soit encore indemne de grippe aviaire, ce projet mené dans les zoos vise à anticiper les risques en protégeant les espèces les plus vulnérables et en évaluant l’efficacité d’un vaccin nouvelle génération sur différentes espèces. L’objectif : évaluer l’efficacité et la sécurité du vaccin pour développer une protection durable adaptée aux oiseaux sauvages de parcs zoologiques.

Présentation du Projet

Localisation :   Singapour 🇸🇬

Porteur du projet : Prof Shangzhe Xie (opens in a new tab) 

Statut :  Démarrage   

Durée : 4 ans et 10 mois - Mars 2026 à Décembre 2030 

Partenaires : 

Contexte

Une épizootie mondiale sans précédent  
 

L’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), notamment due aux virus H5Nx (H5N1 clade 2.3.4.4b), continue de circuler activement à l’échelle mondiale. 

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), le virus est présent dans les populations d’oiseaux domestiques et sauvages en Asie du Sud-Est et représente une menace persistante pour la santé animale, la biodiversité et les systèmes alimentaires
 

La situation à Singapour  
 

Singapour est un pays officiellement indemne d’IAHP à ce jour.  
Cette situation s’explique par la mise en œuvre de mesures strictes de biosécurité ainsi que par un contrôle rigoureux aux frontières. Par ailleurs, des programmes de surveillance épidémiologique sont déployés sur les populations d’oiseaux domestiques et sauvages afin de détecter précocement toute introduction du virus. 

Cependant, le risque d’introduction de l’IAHP demeure élevé, notamment en raison des flux d’oiseaux migrateurs traversant la région ainsi que de la circulation virale dans les pays voisins. 

Les parcs zoologiques, tels que le Singapore Zoo, constituent également des zones d’attention particulière. Ils hébergent une grande diversité d’espèces aviaires exotiques et présentent une interface potentielle avec l’environnement naturel. À ce titre, ils peuvent être exposés au virus via des contacts indirects avec l’avifaune sauvage ou par contamination environnementale. 

Alors que nous œuvrons à transformer Singapour en une “City in Nature”, des partenariats comme celui-ci montrent comment l’innovation scientifique, la gestion responsable et la mise en commun des expertises peuvent renforcer la résilience face aux défis sanitaires mondiaux, tout en faisant progresser la conservation de la faune sauvage. Bien que Singapour soit actuellement indemne d’IAHP, ce projet pilote de vaccination préventive nous permet d’acquérir de nouvelles connaissances afin d’anticiper les risques potentiels et de protéger à la fois notre faune et notre communauté. Les résultats contribueront à enrichir les connaissances scientifiques sur la prévention de l’IAHP chez différentes espèces d’oiseaux.

Hwang Yu-Ning, Directrice générale, National Parks Board

Enjeux du Projet

Pourquoi vacciner de manière préventive les oiseaux ?
 

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Dans les contextes de zones indemnes comme Singapour, où aucun cas d’IAHP n’est actuellement détecté, la question de la prévention par la vaccination devient centrale. Le maintien de ce statut sanitaire est un enjeu majeur, et repose aujourd’hui essentiellement sur la biosécurité et la surveillance. Toutefois, ces mesures montrent leurs limites face au risque d’introduction du virus. Pour mieux protéger les populations aviaires en captivité, la vaccination préventive apparaît comme une solution complémentaire pour : 

  • Anticiper l’introduction potentielle du virus dans une zone indemne, en passant d’une approche réactive à une véritable stratégie de prévention sanitaire, 
     
  • Protéger les collections zoologiques à forte valeur conservatoire, notamment les espèces sensibles ou patrimoniales hébergées dans des établissements comme le Singapore Zoo, et préserver les programmes de conservation ex situ,
      
  • Réduire la vulnérabilité des animaux face aux limites des mesures actuelles, la biosécurité et la surveillance ne garantissant pas une protection individuelle et ne peuvant prévenir une introduction virale à elles seules, 
     
  • Explorer des stratégies innovantes adaptées aux contextes non endémiques, en développant des protocoles vaccinaux compatibles avec les contraintes réglementaires et les espèces non domestiques. 

Cependant, chez les oiseaux, et en particulier les espèces exotiques : 

  • Les données d’efficacité et de tolérance restent limitées, 
  • Les réponses immunitaires peuvent être très variables selon les taxons

Objectifs du Projet

  • Renforcer la préparation de Singapour face à un risque externe d'inroduction de l'IAHP.

 

Ce que le projet cherche à démontrer

 

  • Efficacité immunologique

Évaluer la capacité du vaccin à induire une réponse humorale et/ou cellulaire protectrice, et mesurer la variabilité de cette réponse selon les espèces (rapaces, Ansériformes, Phoenicoptériformes, Pélécaniformes…). Il est également important de noter que le vaccin induit une réponse cellulaire significative en complément, bien que celle-ci ne puisse pas être mesurée à ce jour faute d’outils disponibles. 

  • Sécurité et tolérance

Vérifier l'absence d'effets indésirables cliniques, notamment sur des espèces sensibles ou menacées.

  • Applicabilité en conditions réelles

Valider la faisabilité en contexte zoologique : traçabilité individuelle, marquage, suivi, et conformité avec la réglementation nationale. 

  • Enrichissement des connaissances

Générer des données sérologiques de référence pour les espèces aviaires non domestiques et contribuer au développement d’un protocole de protection adapté aux espèces exotiques captives face à l’IAHP. 

Ce projet s’inscrit pleinement dans une logique de recherche appliquée, à l’interface entre santé animale, conservation et innovation vaccinale.

Problématique scientifique


Comment mettre en place une stratégie proactive permettant de protéger les populations aviaires captives avant l’introduction du virus ? 

Solution proposée

Un vaccin de dernière génération  
 

Le projet repose sur un vaccin développé par Ceva Santé Animale, conçu à l'origine pour les espèces domestiques et d'élevage, et dont l'efficacité est ici évaluée sur des espèces exotiques captives. 

Ce vaccin présente plusieurs avantages déterminants dans un contexte zoologique :  

  • TECHNOLOGIE : faible barrière d’espèce et innocuité.
  • ADAPTATION : souches circulantes actuelles.
  • IMPACT ENVIRONNEMENTAL: sans expression dans l'environnement.
  • PRATICITÉ : volume d'injection réduit.
  • DIAGNOSTIC : différenciation entre oiseaux vaccinés et infectés (DIVA).

Nous sommes fiers de contribuer à cette collaboration importante. Compte tenu de la diversité des espèces dont nous avons la charge, nous pouvons apporter des informations uniques sur les performances du vaccin et enrichir les connaissances susceptibles d’orienter les stratégies de conservation et de santé, à l’échelle locale et mondiale. Protéger ces oiseaux ne se limite pas au présent ; il s’agit aussi de préserver l’avenir de certaines des espèces les plus vulnérables au monde. En travaillant étroitement avec nos partenaires, nous espérons transformer ces données en actions concrètes.

Bennett Neo, Group CEO, Mandai Wildlife Group

Mise en œuvre du Projet

Les étapes clés 

11/2025
MOU signing

Signature d’un Memorandum of Understanding (MoU)

Résultats

Les résultats du projet ne sont pas encore publiés mais le seront dès que possible. 

Implication de Ceva WRF

Notre rôle dans ce projet  
 

  • Soutien logistique : fourniture des vaccins et du matériel de vaccination, 
  • Expertise scientifique : accompagnement dans l’élaboration des protocoles de vaccination et de suivi des oiseaux, 
  • Prise en charge financière des analyses de laboratoire. 

Lexique

Se dit d’espèces présentes naturellement uniquement dans une zone géographique donnée et nulle part ailleurs dans le monde. (Source : Union internationale pour la conservation de la nature)

Unité de classification du vivant, utilisée pour regrouper des organismes ayant des caractéristiques communes. (Source : Littérature en biologie systématique)

La surveillance épidémiologique est un processus qui vise à recueillir, enregistrer, traiter, diffuser et analyser des données relatives aux événements sanitaires pour prévenir, détecter et contrôler les maladies dans une population.

Ensemble des mesures préventives visant à réduire le risque d’introduction, de propagation et de dissémination d’agents pathogènes (virus, bactéries, parasites) dans les populations animales, humaines ou dans l’environnement. (Source : FAO) 

Qui se rapporte à la réponse immunitaire humorale, c’est-à-dire la partie du système immunitaire impliquant les anticorps produits par les lymphocytes B et circulant dans les liquides corporels (sang, lymphe). 

Type de recherche scientifique visant à produire des connaissances directement utilisables pour résoudre des problèmes concrets (ex : développement de vaccins, amélioration des pratiques médicales ou agricoles). (Source : OCDE) 

Se dit d’un vaccin (souvent inactivé ou non réplicatif) dont les composants sont incapables de se multiplier, de se diffuser ou d’être excrétés par l’animal vacciné dans l’environnement. (Source : Agence Européenne des Médicaments) 

Differentiating Infected from Vaccinated Animals : stratégie utilisée en santé animale qui permet de distinguer les animaux infectés de ceux simplement vaccinés, grâce à des vaccins et des tests diagnostiques spécifiques. (Source : WOAH/OIE) 

Une épizootie est une maladie qui se propage rapidement au sein d’une population animale, de manière comparable à une épidémie chez l’être humain. (Source : OMS) 

Données qui se rapportent notamment aux anticorps étudiés dans le sérum (sérologie), pour une maladie donnée.