Primate assis
Primate assis

République du Congo – Étudier la transmission des strongyloïdes entre les populations humaines, de Primates et de Canidés.

Ce projet mené dans le parc national de Conkouati-Douli en République du Congo étudie la transmission des nématodes parasites du genre Strongyloïdes entre les Primates et les Canidés - chiens domestiques et chacals à flancs rayés - dans un contexte de forte interaction entre ces espèces. Les infections à strongyloïdés peuvent provoquer la maladie nommée strongyloïdose chez les Primates, y compris les humains, et les Canidés. L’objectif est d’identifier les facteurs de risque et les zones de transmission de ces nématodes afin d’améliorer la surveillance et de renforcer les stratégies de prévention dans une approche One Health.

Présentation du Projet

Localisation : Congo 🇨🇬

Porteur du projet : Torsten Böhm (opens in a new tab)

Statut :  Démarrage 

Durée :  2 ans  

Partenaires :

Contexte


En République du Congo, le Parc National de Conkouati-Douli (PNCD) abrite une faune emblématique de l’Afrique centrale, notamment l'éléphant de forêt d’Afrique, le buffle de forêt, le léopard, le sitatunga, le chimpanzé d’Afrique centrale, le mandrill, l'hippopotame et le gorille des plaines de l’Ouest. À date, on dénombre plus de 900 éléphants,  près de 5 000 chimpanzés et plus de 1 200 gorilles dans le parc (synthèse des résultats de l’inventaire écologique 2024-2025). 

Sa partie marine, qui comprend la grande lagune de Conkouati et la haute mer, offre un habitat aux lamantins, aux tortues marines dont la rare tortue luth, aux raies, aux requins, aux dauphins et aux baleines à bosse.  

Le PNCD abrite une population humaine d’environ 7 000 personnes, principalement concentrée dans des villages le long de la limite sud du parc, dans la zone dite d’écodéveloppement. Ce zonage et ses règles associées autorisent certaines pratiques comme la chasse, la cueillette et les activités agricoles durables à des fins d’autosuffisance mais non de commercialisation. Cependant, des braconniers en recherche de viande de brousse s’infiltrent régulièrement dans la zone centrale du parc. De plus, plusieurs sites miniers artisanaux illégaux, d’or et de cassitérite, de petite et grande taille, situés dans la zone centrale du parc sont occupés de manière temporaire ou permanente par des mineurs, les camps les plus importants pouvant accueillir jusqu’à 600 personnes.  
 

Strongyloïdes et enjeux zoonotiques
 

Le genre Strongyloïdes regroupe plus de 50 espèces de nématodes, dont S. stercoralis et S. fuelleborni, responsables de la maladie strongyloïdose chez les Primates, y compris l’humain, et les Canidés. Les chiens domestiques peuvent jouer un rôle de réservoir et de pont épidémiologique entre la faune sauvage et les populations humaines. 

Cette maladie tropicale négligée est largement sous-diagnostiquée mais peut être sévère, voire mortelle chez les individus immunodéprimés. Elle est en forte augmentation mondiale, soulignant un enjeu de santé publique et vétérinaire majeur. 

Dans un contexte d’interactions accrues entre humains, chiens domestiques et faune sauvage, notamment dans les zones rurales et forestières, le risque de transmission inter-espèces est élevé, avec un processus encore mal compris, nécessitant une surveillance renforcée dans une approche One Health

Enjeux du Projet


La présence permanente des populations humaines dans la zone d’écodéveloppement et la zone centrale du PNCD entraîne une augmentation des contacts avec la faune sauvage et accroît ainsi le risque de contagion. De plus, la plupart des mineurs dans la zone centrale sont des ressortissants de la République démocratique du Congo voisine. Ces personnes constituent donc des vecteurs potentiels, transportant des agents pathogènes de la nature vers leurs foyers, et contribuent ainsi à étendre le problème à l’échelle régionale. La situation actuelle est alarmante et le risque de propagation est imminent, s’il ne s’est pas déjà produit. Les épidémies dévastatrices d’Ebola chez l’homme dans le nord de la République du Congo et au Gabon, dans les années 2000, en sont un exemple frappant et illustrent les conséquences des transmissions de pathogènes de la faune sauvage à l’homme. D’autre part, la faune sauvage doit être protégée de manière adéquate pour limiter la transmission des zoonoses et des indicateurs doivent être mis au point pour détecter les cas de maladie suffisamment tôt. 

Problématique scientifique


Comment les parasites Strongyloïdes circulent-ils entre les Primates, les Canidés sauvages et les chiens domestiques dans le parc national de Conkouati-Douli ? 

Objectifs du Projet

Ce que le projet cherche à démontrer 
 

Le projet vise à :

  • Etudier la prévalence et l’intensité des infections à Strongyloides chez les Primates, les Canidés sauvages et les chiens domestiques,
  • Caractériser la diversité génétique et la structure des haplotypes des populations de Strongyloïdes,
  • Identifier les zones et facteurs de risque de transmission,
  • Étudier l’influence du chevauchement spatial des espèces hôtes sur le risque d’infection et la probabilité de partage des haplotypes de Strongyloïdes,
  • Étudier le rôle des chiens domestiques comme pont épidémiologique
  • Produire des cartes de risque et des recommandations de gestion sanitaire,
  • Former du personnel du parc à la collecte d’échantillons de matières fécales, 
  • Produire au moins une publication scientifique acceptée pour publication dans des revues à comité de lecture et à fort impact,
  • Accompagner un étudiant en master local dans la rédaction de sa thèse, y compris une formation aux techniques de diagnostic moléculaire de pointe dans les laboratoires du partenaire scientifique en République tchèque.
     

Mise en oeuvre du Projet

Les étapes clés 

2026

En attente de signature

Implication de Ceva WRF

Notre rôle dans ce Projet 

 

  • Apport d’expertises,
  • Suivi opérationnel,
  • Soutien financier.

Lexique

Concept reconnu par l'OMS*, la FAO** et l'OIE***, qui postule que les santés des humains, des animaux et des écosystèmes sont étroitement liées et interdépendantes, nécessitant une approche intégrée.

*OMS : Organisation Mondiale de la Santé
**FAO : Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
***OIE : Organisation mondiale de la Santé Animale

La cassitérite est un minéral composé principalement de dioxyde d’étain (SnO₂) et constitue la principale source de production de l’étain. (Source : Littérature en géologie et minéralogie)

En santé (humaine ou animale), un vecteur est un organisme vivant capable de transmettre un agent pathogène d’un hôte à un autre. (Source : OMS)

Vecteur, vivant ou inerte, qui permet la transmission d'une maladie infectieuse d'un organisme à un autre. 

Un haplotype est un ensemble d'allèles ou de variations génétiques situés sur un même chromosome et généralement transmis ensemble lors de la reproduction.

En épidémiologie, une espèce réservoir désigne une espèce au sein de laquelle un agent pathogène prolifère. Ces réservoirs jouent souvent plusieurs rôles en permettant le développement de l'agent pathogène, sa transmission à d'autres organismes et sa diffusion au sein de l'environnement.

Les zoonoses sont des maladies ou infections qui se transmettent naturellement entre les animaux et les êtres humains. (Source : OMS)