En République du Congo, le Parc National de Conkouati-Douli (PNCD) abrite une faune emblématique de l’Afrique centrale, notamment l'éléphant de forêt d’Afrique, le buffle de forêt, le léopard, le sitatunga, le chimpanzé d’Afrique centrale, le mandrill, l'hippopotame et le gorille des plaines de l’Ouest. À date, on dénombre plus de 900 éléphants, près de 5 000 chimpanzés et plus de 1 200 gorilles dans le parc (synthèse des résultats de l’inventaire écologique 2024-2025).
Sa partie marine, qui comprend la grande lagune de Conkouati et la haute mer, offre un habitat aux lamantins, aux tortues marines dont la rare tortue luth, aux raies, aux requins, aux dauphins et aux baleines à bosse.
Le PNCD abrite une population humaine d’environ 7 000 personnes, principalement concentrée dans des villages le long de la limite sud du parc, dans la zone dite d’écodéveloppement. Ce zonage et ses règles associées autorisent certaines pratiques comme la chasse, la cueillette et les activités agricoles durables à des fins d’autosuffisance mais non de commercialisation. Cependant, des braconniers en recherche de viande de brousse s’infiltrent régulièrement dans la zone centrale du parc. De plus, plusieurs sites miniers artisanaux illégaux, d’or et de cassitérite, de petite et grande taille, situés dans la zone centrale du parc sont occupés de manière temporaire ou permanente par des mineurs, les camps les plus importants pouvant accueillir jusqu’à 600 personnes.
Strongyloïdes et enjeux zoonotiques
Le genre Strongyloïdes regroupe plus de 50 espèces de nématodes, dont S. stercoralis et S. fuelleborni, responsables de la maladie strongyloïdose chez les Primates, y compris l’humain, et les Canidés. Les chiens domestiques peuvent jouer un rôle de réservoir et de pont épidémiologique entre la faune sauvage et les populations humaines.
Cette maladie tropicale négligée est largement sous-diagnostiquée mais peut être sévère, voire mortelle chez les individus immunodéprimés. Elle est en forte augmentation mondiale, soulignant un enjeu de santé publique et vétérinaire majeur.
Dans un contexte d’interactions accrues entre humains, chiens domestiques et faune sauvage, notamment dans les zones rurales et forestières, le risque de transmission inter-espèces est élevé, avec un processus encore mal compris, nécessitant une surveillance renforcée dans une approche One Health.