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Patagonie - Évaluer les risques de grippe aviaire chez les oiseaux marins et les mammifères sauvages de la côte patagonienne

Suite à l’introduction de la grippe aviaire en Amérique du Sud en 2022 et aux mortalités massives observées en Patagonie, ce projet de recherche vise à étudier la circulation du virus dans la faune sauvage. 
L’objectif : comprendre les dynamiques de transmission et identifier les espèces impliquées afin d’anticiper les émergences futures.

Présentation du Projet

Localisation :   Patagonie – région séparée entre l’Argentine et le Chili 

Porteur du Projet : Dr. Marcela Uhart (opens in a new tab)et Dr. Ralph E.T. Vanstreels (opens in a new tab)

Statut : Démarrage  

Durée :  2 ans - Février 2026 à Février 2028 

Partenaire :

Contexte

Une épizootie émergente en Amérique du Sud  
 

L’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), notamment due aux virus H5Nx (H5N1 clade 2.3.4.4b), continue de circuler activement à l’échelle mondiale. 

En octobre 2022, le virus de l’IAHP H5N1 a fait son apparition en Amérique du Sud pour la première fois. Les premières vagues épizootiques, concentrées sur la côte Pacifique du Pérou et du nord du Chili, ont provoqué des mortalités massives chez les pélicans (genre Pelecanus), fous (genre Sula), cormorans (famille Phalacrocoracidae), mouettes (genre Larus) et sternes (sous-famille des Sternidae). Début 2023, un nouveau variant a émergé dans le nord du Chili, capable de se transmettre directement entre mammifères marins - lions de mer et otaries à fourrure (famille des Otariidés), éléphants de mer (genre Mirounga), dauphins (famille des Delphinidés) et loutres de mer (sous-famille des Lutrinés) - une capacité jusqu'alors rarement documentée chez des animaux sauvages en liberté. Ce variant a ensuite progressé vers le sud du continent puis remonté la côte Atlantique, traversant l'Argentine, l'Uruguay et le Brésil au cours du second semestre 2023. 

Enjeux du Projet


L'arrivée du virus en Patagonie argentine a entraîné des mortalités d'une ampleur inédite dans une région reconnue mondialement pour la densité et la diversité exceptionnelles de sa faune marine.  

 

 

Malgré l'ampleur des événements survenus, de nombreuses questions fondamentales restent sans réponse. Certaines espèces pourtant vulnérables ailleurs (manchots, cormorans, goélands, skuas) ont été largement épargnées en Patagonie argentine, sans explication claire à ce jour. Le rôle éventuel de certaines espèces, comme les pétrels géants, en tant que porteurs asymptomatiques (sans signes cliniques visibles) du virus dans cet écosystème est également inconnu. Par ailleurs, si le nombre de cas a nettement diminué en 2024, le virus a réémergé en Argentine en février 2025 et au Brésil en mai 2025, impliquant cette fois de nouveaux variants réassortants : un rappel que la dynamique virale reste imprévisible.
 

 

Evolution virologique et enjeux épidémiologiques
 

Sur le plan virologique, les souches circulantes chez les mammifères ont acquis des mutations d'adaptation tout en conservant leur capacité à infecter les oiseaux sauvages, révélant une plasticité génomique remarquable.  

Par ailleurs, la possibilité d'une transmission transplacentaire ou via le lait maternel chez les pinnipèdes constitue également un mécanisme épidémiologique préoccupant, encore peu documenté. 

Problématique scientifique


Comment expliquer la dynamique imprévisible de l’IAHP en Patagonie, notamment la sensibilité différente des espèces, le rôle potentiel d'espèces réservoirs asymptomatiques et l’émergence récurrente de nouveaux variants réassortants ? 

Objectifs du Projet

Ce que le projet cherche à démontrer 
 

  • Poursuivre et élargir l'étude de l'écologie de l'IAHP au sein des communautés fauniques de Patagonie,  
  • Comprendre comment le virus évolue dans cet environnement inédit,  
  • Comprendre quelles espèces jouent un rôle de réservoir ou de vecteur,  
  • Étudier dans quelles conditions de nouvelles émergences sont susceptibles de se produire. 

La réussite du projet sera mesurée en fonction du nombre d'échantillons collectés et traités, l'indicateur ultime de réussite étant la publication des résultats sous la forme d'un article évalué par des pairs  

Mise en œuvre du Projet

Les étapes clés

02/2026

Signature du partenariat

10/2026

Échantillonnage actif pendant la saison de reproduction

04/2027

Analyse des données et des échantillons collectés

Résultats

Les résultats du projet ne sont pas encore publiés mais le seront prochainement. 

Implication de Ceva WRF

Notre rôle dans ce projet  

 

  • Soutien financier, 
  • Apport d’expertise : suivi et apport d’expertise scientifique.

Sources

Ashley E, Vanstreels RET, Barbieri M, Puryear W, Gulland F, Field C, Johnson CK, Uhart M. (2026). High pathogenicity avian influenza in pinniped conservation. Phil. Trans. R. Soc. B 381: 20240320. 

 

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Uhart, M. M., & Vanstreels, R. E. T. (2025). Overview of high pathogenicity avian influenza H5N1 clade 2.3.4.4b in wildlife from Central and South America, October 2022–September 2025. Canadian Journal of Microbiology, 71, 1–8. 

 

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Lexique

Version légèrement différente d’un virus ou organisme, résultant de mutations dans son génome.

Voie de transmission de microorganismes, de polluants et autres substances entre la mère et le foetus, à travers le placenta lors de la gestation. Possible uniquement chez les animaux placentaires. 

Virus issus d'un réassortiment génétique qui consiste en un échange de segments génomiques entre deux virus proches à génomes segmentés. (Source : Agence Nationale de la Recherche)

La plasticité génomique désigne la capacité d’un génome à se modifier, s’adapter et évoluer en réponse à des pressions environnementales ou biologiques.

Une épizootie est une maladie qui se propage rapidement au sein d’une population animale, de manière comparable à une épidémie chez l’être humain. (Source : OMS) 

Étude des relations entre les maladies et divers facteurs intervenant dans leur apparition et leur développement.

En santé (humaine ou animale), un vecteur est un organisme vivant capable de transmettre un agent pathogène d’un hôte à un autre. (Source : OMS)

En épidémiologie, une espèce réservoir désigne une espèce au sein de laquelle un agent pathogène prolifère. Ces réservoirs jouent souvent plusieurs rôles en permettant le développement de l'agent pathogène, sa transmission à d'autres organismes et sa diffusion au sein de l'environnement.