koala dans un arbre
koala dans un arbre

Australie – Développer un vaccin pour protéger les koalas contre la chlamydiose

Ce projet mené en Australie vise à développer un vaccin contre la chlamydiose du koala, une cause majeure du déclin de cette espèce emblématique. Le vaccin, première solution préventive à grande échelle, a démontré une réduction significative de la mortalité et de la gravité des symptômes, améliorant ainsi la survie et la reproduction des populations. L’objectif est désormais d’optimiser son déploiement en conditions réelles pour renforcer durablement la conservation des koalas.

Présentation du Projet


Localisation : Australie 🇦🇺

Porteurs de projet : 

Prof. Peter Timms (opens in a new tab)

Samuel Philipps (opens in a new tab)

Statut du Projet :  Terminé – Phase 2 en démarrage 

Durée du Projet : 2 ans - 2022 à 2024

Partenaire :

Contexte

La chlamydiose du koala : une menace pour l’espèce

 

La chlamydiose du koala est une maladie infectieuse qui affecte les populations de koalas en Australie. Elle est principalement causée par la bactérie Chlamydia pecorum et représente aujourd’hui un enjeu majeur de conservation pour cette espèce emblématique.  

Selon les autorités vétérinaires australiennes et les études scientifiques récentes, la chlamydiose est fortement présente dans certaines populations sauvages, avec des taux d’infection pouvant atteindre jusqu’à 70% dans certaines régions du sud-est du Queensland et de la Nouvelle-Galles du Sud.  

Certaines populations de koalas sont chaque jour un peu plus proches de l’extinction locale.

Professeur Peter Timms - University of the Sunshine Coast

La transmission se fait principalement par contact direct, notamment lors de la reproduction et la mise bas.

Les manifestations cliniques de la maladie sont variées et souvent sévères :  

  • Des conjonctivites importantes pouvant conduire à la cécité, 
  • Des infections urogénitales responsables d’infertilité, 
  • Une altération de l’état général pouvant conduire à une augmentation de la mortalité.

Il est important de noter que l’infection et la maladie ne sont pas systématiquement liées. Certains koalas peuvent être porteurs de la bactérie sans présenter de signes cliniques visibles, tandis que des signes cliniques compatibles peuvent apparaître sans détection de Chlamydia pecorum.

 

Des effets différents selon le sexe

Koala Crayon

 

La maladie touche différemment les mâles et les femelles :  

Les mâles présentent plus fréquemment des atteintes oculaires, souvent réversibles, 
Les femelles sont davantage affectées par des troubles reproductifs, généralement persistants et irréversibles.

Par ailleurs, bien que le taux d’infection soit similaire chez les mâles et les femelles, ces dernières présentent plus fréquemment des signes cliniques visibles de la maladie.

 

Un facteur clé du déclin de l’espèce

 

La chlamydiose du koala constitue aujourd’hui l’un des principaux facteurs de déclin de l’espèce, aux côtés :  

  • De la perte d’habitat et de la fragmentation de leur habitat, 
  • Des incendies de forêt,  
  • Des collisions routières. 

Enjeux

La lutte contre la chlamydiose du koala repose sur des enjeux à la fois scientifiques et opérationnels. Mieux comprendre la réponse immunitaire des marsupiaux constitue un prérequis essentiel pour développer des solutions adaptées à cette espèce aux spécificités biologiques uniques. Cette recherche est rendue complexe par une forte variabilité entre individus et populations. 

En parallèle, le déploiement d’outils de prévention en milieu naturel représente un défi logistique majeur, notamment dans la mise en œuvre de stratégies de vaccination à grande échelle. 
 

veterinaire vaccinant un animal

 

Pourquoi vacciner les koalas contre la Chlamydiose ? 

 

  • Préserver une espèce emblématique menacée  

Le Koala est une espèce emblématique d’Australie, dont les populations connaissent un déclin significatif dans plusieurs régions. Parmi les causes majeures, la chlamydiose joue un rôle central : 

- Elle constitue une cause majeure d’infertilité, limitant le renouvellement des populations,

- Elle entraîne des morbidités chroniques, affectant durablement la santé et la survie des individus.   

  • Dépasser les limites des approches actuelles 

Aujourd’hui, les solutions existantes restent insuffisantes pour enrayer la propagation de la maladie : 

  • Les traitements antibiotiques sont difficiles à administrer en milieu sauvage et peuvent perturber la digestion des feuilles d’eucalyptus, alimentation principale des koalas, 
  • Les stratégies de gestion actuelles, basées sur la capture et le traitement individuel, sont lourdes, peu adaptées à grande échelle et ne permettent pas une prévention efficace. 

 

Problématique scientifique

Comment mettre en place une stratégie vaccinale efficace, durable et applicable en conditions réelles pour réduire l’impact de Chlamydia pecorum sur les populations sauvages de Koalas ? 

Solution proposée

Une innovation vaccinale durable
 

  • Le développement d’un vaccin représente une avancée majeure :  
    • Première solution permettant une approche préventive à large échelle,  
    • Possibilité de réduire la transmission et la prévalence de la maladie.  
  • Le vaccin récemment approuvé constitue une première mondiale, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies de conservation.
vaccin koala chlamydia peter timms

 

Nous savions qu’un vaccin en dose unique, sans rappel, était la clé pour ralentir la propagation rapide et dévastatrice de cette maladie.

Professeur Peter Timms - University of the Sunshine Coast

Objectifs du Projet

Ce que le projet cherche à démontrer

 

  • Efficacité immunologique et durée de protection du vaccin en conditions naturelles, 
  • Optimisation des stratégies de vaccination : protocoles de vaccination, ciblage des populations (âges, zones géographiques), 
  • Mesurer l’impact sur les populations de koalas comme la réduction de la transmission et de la mortalité, l’amélioration de la reproduction et l’évolution de la dynamique des populations. 

 

Mise en œuvre du Projet

Les étapes clés

03/2023

Signature du Partenariat

09/2025

Approbation par l’APVMA

Résultats

Phillips, S., Hanger, J., Grosmaire, J., Mehdi, A., Jelocnik, M., Wong, J., & Timms, P. (2024). Immunisation of koalas against Chlamydia pecorum results in significant protection against chlamydial disease and mortality. Npj Vaccines, 9(1), 139. 

 

Lire l'article (opens in a new tab)

 

  • L’étude, menée sur 680 koalas suivis pendant 10 ans, confirme l’impact majeur de la chlamydiose, avec une prévalence pouvant atteindre 73 % et constituant la principale cause de mortalité infectieuse.

Le vaccin développé démontre des bénéfices significatifs

  • –45 % de risque de développer la maladie, 
  • –64,7 % de mortalité liée à la chlamydiose (risque divisé par près de 3), 
  • Des formes cliniques moins graves et une meilleure résistance à la maladie.

Comme le souligne le Dr Sam Phillips : 
« Le vaccin réduit le risque de développer des signes cliniques de la chlamydiose chez les koalas en âge de se reproduire et diminue la mortalité liée à la maladie d’au moins 65 %. » 

Au-delà de la protection individuelle, le vaccin améliore durablement la santé des populations :

  • +3 ans sans maladie en moyenne, 
  • +25 % de probabilité de rester sain.

Si le vaccin ne bloque pas totalement l’infection, il réduit significativement l’impact global de la maladie et constitue une avancée majeure pour la conservation des koalas.

Implication de Ceva WRF

Notre rôle dans ce projet
 

  • Soutien financier,  
  • Expertise scientifique : accompagnement dans le développement du vaccin, la production, les aspects règlementaires.
  • Suivi opérationnel.

 

 

Lexique

Qui se rapporte à l’appareil urinaire et à l’appareil génital, souvent considérés ensemble en raison de leur proximité anatomique et de certaines fonctions communes. (Source : OMS) 

La prévalence est une mesure épidémiologique correspondant à la proportion d’individus atteints d’une maladie dans une population donnée, à un moment précis ou sur une période donnée. (Source : OMS)

Le terme de morbidité/mortalité inhabituelle chez les animaux sauvages est défini comme une occurrence notable d’un ou plusieurs animaux malades ou morts, regroupés dans un même espace et à un même moment. (Source : WOAH)