Groupe de vautours
Groupe de vautours

Afrique du Sud – Étudier l'épidémiologie de la grippe aviaire et du virus du Nil Occidental chez les vautours

Ce projet de recherche étudie la présence du virus du Nil occidental et de la grippe aviaire chez les vautours africains, des espèces essentielles à l’équilibre des écosystèmes mais aujourd’hui fortement menacées. En analysant leur exposition à ces maladies encore peu étudiées chez les vautours, il vise à mieux comprendre les risques pour leur survie et pour la santé globale (animale, humaine et environnementale). 
L’objectif est de mieux détecter et prévenir les maladies chez les vautours africains afin de renforcer leur protection et la surveillance sanitaire des écosystèmes.

Présentation du Projet

Localisation :  Afrique du Sud 🇿🇦

Porteur du Projet : Fiona Fern – PhD Student (opens in a new tab)

Statut :  Démarrage

Durée : 2 ans - Avril 2026 à Avril 2028

Partenaire : 

Contexte

Approche One Health 
 

Cette recherche s'inscrit dans une démarche One Health, reconnaissant l'interdépendance entre la santé des écosystèmes, de la faune sauvage, des animaux domestiques et des populations humaines, les vautours constituant une espèce clé de cette interface. 
 

Services écosystémiques essentiels 
 

Les vautours, charognards obligatoires, jouent un rôle écologique essentiel en éliminant les carcasses de l’environnement. Cela contribue à réduire le risque de transmission de pathogènes par l’eau et les sols, tout en limitant les populations de charognards opportunistes, tels que les chiens féraux, qui, autrement, prospéreraient grâce à cette même source de nourriture.

L’importance de ce rôle est devenue particulièrement évidente en Inde à partir des années 1990, lorsque les populations de vautours ont chuté de 97 à 99 % après avoir consommé les carcasses de bovins traités au diclofénac, un anti-inflammatoire vétérinaire toxique pour les vautours. En l’absence de vautours pour éliminer les carcasses, les chiens féraux ont eu accès à une quantité bien plus importante de nourriture, ce qui a entraîné une forte augmentation de leur population.

Cette croissance de la population de chiens féraux a conduit à une hausse de la transmission de la rage entre les chiens et les humains, contribuant finalement à une augmentation de la mortalité humaine.
 

Menaces actuelles sur les populations africaines 
 

Les vautours africains connaissent un déclin rapide principalement dû aux activités humaines : collisions avec les infrastructures électriques, destruction de l'habitat et empoisonnements via les carcasses. Parallèlement, le rôle des maladies infectieuses reste largement sous-étudié, avec seulement 16% des études de mortalité portant sur cette problématique.

-              Vautour à dos blanc (Gyps africanus), CR

-              Vautour chassefiente (Gyps coprotheres), VU

-              Vautour charognard (Necrosyrtes monachus), CR

-              Vautour oricou (Torgos tracheliotos), EN

-              Vautour à tête blanche (Trigonoceps occipitalis), CR

Enjeux du Projet

Vulnérabilité croissante aux maladies 
 

La diminution des populations s'accompagne d'une réduction de la diversité génétique, compromettant leur capacité d'adaptation face aux agents pathogènes. Cette vulnérabilité amplifie le risque d'extinction.

Pathogènes préoccupants 
 

  • Virus du Nil occidental (VNO) : ce flavivirus transmis par les moustiques provoque des symptômes neurologiques graves souvent fatals. Bien que détecté chez les vautours nord-américains et européens, sa prévalence chez les espèces africaines demeure inconnue. 
  • Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) : classée comme menace secondaire par le Plan d'action de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS), ou Convention de Bonn, l'IAHP présente un risque majeur de transmission lors des rassemblements alimentaires communautaires des vautours. Leur capacité de déplacements transfrontaliers amplifie le potentiel de dissémination à grande échelle.

Problématique scientifique


Quelle est la prévalence du virus du Nil occidental et de l’influenza aviaire hautement pathogène chez les populations de vautours africains, et quelles implications ces infections peuvent-elles avoir pour leur conservation et la santé globale des écosystèmes ? 

Objectifs du Projet

Ce que le projet cherche à démontrer 
 

Approfondir les connaissances sur l'exposition aux maladies infectieuses chez ces espèces de vautours, en évaluant la présence de l’influenza aviaire et du virus du Nil occidental au sein des populations sauvages. 

  • Premières données de référence jamais recueillies sur l'IA et le VNO chez les vautours africains, 
  • Renforcement de la surveillance nationale des maladies, afin de permettre une alerte précoce en cas d'émergence de maladies, 
  • Évolution de l'évaluation, des soins et du traitement des vautours à leur admission dans les centres de soins. L'empoisonnement est l'une des principales menaces pesant sur les vautours en Afrique du Sud. Les oiseaux incapables de voler, admis dans les centres sans blessures apparentes, sont présumés avoir été empoisonnés ; s'il s'agit en réalité d'une cause virale, des plans de traitement et des mesures de biosécurité différents seraient nécessaires. 

Mise en œuvre du Projet

Les étapes clés

03/2026

Échantillonnage

05/2026

Signature du Projet

11/2026

Fin de la collecte de la donnée

2027

Analyse et présentation des données finales

Résultats

Les résultats du projet ne sont pas encore publiés mais le seront dès que possible. 

Implication de Ceva WRF

Notre rôle dans ce projet  
 

  • Soutien financier,
  • Suivi opérationnel.

Lexique

Un animal féral est un animal domestique retourné à l’état sauvage, vivant librement sans dépendre de l’humain.

One Health est un concept reconnu par l'OMS, la FAO et l'OIE, qui postule que les santés des humains, des animaux et des écosystèmes sont étroitement liées et interdépendantes, nécessitant une approche intégrée.

Ensemble des mesures préventives visant à réduire le risque d’introduction, de propagation et de dissémination d’agents pathogènes (virus, bactéries, parasites) dans les populations animales, humaines ou dans l’environnement. (Source : FAO)