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Afrique Du Sud – Comprendre les déplacements des éléphants pour mieux gérer leurs populations

En Afrique du Sud, un programme scientifique étudie les déplacements des éléphants afin de mieux comprendre les options de gestion de leurs populations dans les réserves où ils deviennent abondants et impactent l’écosystème. Le projet analyse par exemple le lien entre la ‘pression éléphants’ à travers le paysage et la densité de la population, ou l’impact de la contraception sur les comportements spatiaux et l’utilisation des habitats par les animaux. L’objectif : développer un cadre conceptuel et un outil de gestion adaptative fondé sur l’analyse des déplacements des éléphants pour mieux penser leur préservation et celle des écosystèmes qui les abritent.

Présentation du Projet

Localisation :   Afrique du Sud 🇿🇦

Porteur du Projet : Simon Chamaillé-James (opens in a new tab)   

Statut :  En cours 

Durée :  4 ans - Août 2023 à Août 2027 

Partenaires : 

Contexte


Malgré son statut d'espèce menacée à l'échelle mondiale, l'éléphant d'Afrique (Loxodonta africana) atteint dans certaines aires protégées des densités jugées trop élevées par les gestionnaires, notamment en raison de l'impact massif des éléphants sur la végétation. Ce paradoxe s’exprime fréquemment dans les petites réserves clôturées, nombreuses en Afrique du Sud, où la gestion des populations est une nécessité concrète. 
 

La réponse actuelle : la contraception 
 

Pour contrôler ces populations sans abattage, beaucoup de réserves ont recours à la contraception des femelles, plus efficace que celle des mâles sur la dynamique démographique. L'objectif est d'atteindre une "capacité d’accueil" de l'écosystème, c'est-à-dire une densité maximale tolérable. Problème : cette notion, bien qu'utilisée comme référence précise par les gestionnaires, est en réalité mal définie biologiquement, rarement estimée à partir de données locales, et souvent tirée de sources bibliographiques incertaines. 
 

Comment la contraception et la socialité affectent-t-elles les déplacements ? 
 

Au-delà du contrôle des densités, on reconnaît aujourd'hui qu'il est important de maintenir une hétérogénéité spatiale de l'impact des éléphants sur le milieu, autrement dit, que les éléphants n'utilisent pas toujours les mêmes zones pour favoriser la biodiversité dans son ensemble. 

Or, la contraception pourrait modifier les comportements spatiaux des éléphants par deux mécanismes : 

  • En réduisant la densité : les individus modifient naturellement leur utilisation de l'espace quand la compétition décroit (phénomène bien documenté chez de nombreuses espèces), bien que la socialité puisse moduler cette réponse. 
  • En supprimant la présence de très jeunes éléphanteaux dans les groupes familiaux : les hardes pourraient se déplacer plus loin et plus librement, notamment en saison sèche où les déplacements sont plus coûteux pour les éléphanteaux que pour les adultes.

Problématique scientifique

 

Est-ce que la contraception et la socialité modifient les déplacements des éléphants, et si oui comment ?  

Solution proposée

Un vide scientifique à combler 
 

À ce jour, une seule étude, d’une robustesse limitée, s’est intéressée au lien entre contraception et déplacements chez les éléphants, sans trouver d’effet. Par ailleurs, la manière dont la socialité affecte les déplacements des hardes à travers les paysages restent également très peu étudiée, bien que des observations de terrain suggèrent leur importance.  

Dans ce contexte, le projet propose une réflexion nouvelle, cherchant à dépasser la notion de capacité d’accueil, en développant une approche basée sur l’utilisation de l’espace par les éléphants et l’hétérogénéité de leur occupation du paysage. 

Cette approche repose sur : 

  • l’analyse fine des déplacements individuels et collectifs, 
  • l’étude des effets de la contraception sur les comportements spatiaux, 
  • la construction de modèles permettant de simuler et prédire les dynamiques d’occupation des habitats. 

Objectifs du projet

Ce que le projet cherche à démontrer
 

  • Effets de la contraception sur les déplacements 
    Évaluer si la contraception modifie l’usage de l’espace et les dynamiques de mouvement des éléphants (distance parcourue, zones utilisées, saisonnalité). 
     
  • Compréhension des mécanismes comportementaux 
    Identifier la manière dont la socialité module le lien entre la pression locale exercée par les éléphants et la densité globale de la population. 
     
  • Développement d’un indicateur de gestion 
    Construire un indicateur basé sur l’hétérogénéité spatiale d’utilisation des habitats. 
     
  • Mise en place de modèles prédictifs 
    Développer des outils de simulation permettant d’aider les gestionnaires à anticiper les effets des stratégies de contrôle des populations. 
     
  • Application à la gestion adaptative 
    Fournir une base scientifique pour orienter les décisions de gestion dans les réserves (plutôt qu’une approche basée uniquement sur des seuils de population). 

Mise en œuvre du Projet

Les étapes clés

08/2023

Signature du Partenariat

06/2026

Délivrables en cours

Résultats

Les résultats du projet ne sont pas encore publiés mais le seront dès que possible.

Implication de Ceva WRF

  • Soutien financier, 
  • Suivi opérationnel. 

Lexique

Groupe d’animaux vivant ensemble de manière temporaire ou permanente, généralement chez des espèces sauvages. (Source : Office Français de la Biodiversité) 

La gestion adaptative est uneapproche de gestion fondée sur l’apprentissage continu, qui consiste àajuster les décisions et les actions en fonction des résultats observés et de l’évolution des connaissances. (Source : Convention sur la Diversité Biologique)